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1-3  Les classes à cours multiples après l’indépendance

Dès la proclamation de l’indépendance du Maroc par Feu Sa Majesté le Roi Mohamed v, après un exil qui a duré plus de deux ans en Corse et à Madagascar, le peuple marocain, pris par l’enthousiasme et l’euphorie de l’Istiqlal, essaye de rattraper l’immense retard causé par une colonisation absurde et  injuste. Il   envoie donc les milliers de ses enfants aux écoles .Les marocains savent que le chemin de la dignité, de la prospérité et  du développement, en l’occurrence du rôle social, passe inéluctablement par la scolarisation de tous les enfants marocains en âge d’aller à l’école. Le premier gouvernement du Maroc indépendant  déploie d’énormes efforts, quelquefois avec des moyens de bord pour construire des milliers de salles de classe dans tout le Maroc pour recevoir la majeure partie des  nouveaux inscrits. Je dis la majeure partie car c’était impossible de trouver de la place pour  tous ceux qui aspirent rejoindre l’école. Et malgré  le manque de locaux scolaires( dans plusieurs cas c’étaient des mosquées et des maisons particulières qui remplaçaient les  salles de classes), le  gouvernement en place , ne s’est pas contenté de ce seul but dans le domaine de la politique de l’enseignement,  mais il a parié  sur un autre objectif plus audacieux et  qui va toucher cette fois toute la population : Eradiquer l’analphabétisme qui range plus de 90% de la population surtout dans le milieu rural agricole qui accapare à lui seul 80% de toute la population marocaine. Nos compatriotes  ont répondu massivement à l’appel du Roi pour rejoindre les écoles dans le cadre du programme National de Lutte contre l’Analphabétisme. Je me souviens encore, comme si c’était d’hier, quand j’étais élève à l’école primaire dans la deuxième moitié des années 50, des foules d’hommes et de femmes qui s’entassent  le soir  dans la cour et  sous le préau de l’école pour trouver place  dans les salles de  classes qui se transforment en salles pour les grands,  après la sortie des élèves. Tous étaient pris en charge par l’instituteur ou les instituteurs de l’école, quelquefois  secondés par des anciens élèves qui ont quitté l’école avec un niveau ne dépassant pas le CM2.Tout le monde travaillait avec fierté et fait de son mieux pour réaliser les objectifs du PNLCA qui a fait parler de lui  et a fait des échos  durant des années par la suite. Je connais même des gens, lauréats du programme, qui ont réussi à faire leurs carrières dans les différents secteurs de l’administration et   du secteur privé qui était encore à ses débuts. Cette ferveur n’a pas duré très longtemps pour des raisons incompréhensibles et inexplicables. .Maintenant que je suis à l’âge de 62 ans   et ayant forgé ma carrière dans le domaine de l’enseignement primaire durant presque  une quarantaine d’années et   je ne regrette qu’une chose : Le PNLCA  aurait dû  continuer  jusqu’à la réalisation de ses objectifs. Si c’était le cas, le pays aurait mis fin, depuis longtemps déjà, à l’analphabétisme qui continue malheureusement à sévir parmi la population, surtout rurale, aux alentours de 33%, c'est-à-dire un marocain sur trois est analphabète (selon l’estimation de la direction de l’alphabétisation parue dans le journal TELQUEL no 407 du 16 au 22 janvier 2010)et si l’on ajoute à ce chiffre le véritable taux de déperdition scolaire surtout dans le primaire et la 7ème année secondaire, la situation ne sera qu’alarmante. Quelle perte donc pour le Maroc qui revient, heureusement, à l’heure actuelle  sur ses pas pour renier avec le passé ! Mais cette fois à travers la société civile et les ONG. Nous lui souhaitons bon retour  et meilleur succès.

C’était là encore, une autre forme de classes combinées qui jouent un double rôle : recevoir les enfants de l’école le jour, et les bénéficiaires  du PNLCA le soir.

Si on revient un peu en arrière à la politique du protectorat dans le domaine de l’enseignement, j’ai déjà signalé que celui-ci  obligeait les marocains à s’inscrire dans ses écoles dites modernes  qu’il créa pour les intégrer dans son système éducatif pour en faire des francisés qui assimileront la civilisation occidentale et donc accepter, par la suite,  la présence française et la garantie de ses intérêts  au Maroc. Cette situation  contraint  les autorités du protectorat à créer des milliers de salles de classe, mais elles restaient insuffisantes, et c’était le recours soit aux classes combinées, soit au système de la « demi séance » que nous gardons encore,de nos jours, mais d’une manière très très rare.
Avec l’indépendance, le même phénomène s’est reproduit à peu près de la même façon  en raison  de l’afflux des enfants à l’âge de scolarisation en un temps record. C’était la ruée vers « l’eldorado » « promis par l’instruction !.On a toujours remarqué que la cause immédiate de la création des classes à cours multiples se basait sur  ces éléments  : L’insuffisance des locaux scolaires, le manque d’instituteurs , l’abstention des parents d’envoyer leurs enfants à l’école et enfin le manque d’effectifs pour démarrer une école   . Personne ne peut nier les efforts louables   déployés par les premiers gouvernements du Maroc indépendant pour atténuer cette boule de neige  qui ne cesse de grossir et prendre de la vitesse  pour des raisons que j’ai déjà citées, mais aussi pour des raisons économiques, culturelles et sociales. Il était donc quasi impossible de satisfaire toutes les demandes de scolarisation d’une part, et d’autre part , on ne pouvait qu’entasser ceux qui avaient la chance de trouver une place à l’école  dans une classe à cours multiples à trois ou quatre élèves pour un seul pupitre !
 
Je me rappelle toujours de la ruse que mon Feu père a utilisé pour inscrire mon frère…à l’école mixte de Hassi-blal. Mon petit frère vient d’avoir juste sept ans moins deux ou trois mois . C’est l’âge  de la scolarisation. Le directeur de l’école, un français du nom de Marius CASSETTARI, refusa catégoriquement l’inscription de mon frère au CP, faute, dit-il, de trouver une place alors que la classe comptait déjà plus de 80 élèves !(quatre par table et dans quel local ! un magasin/atelier mécanique appartenant à la mine de charbon de Je rada).Mon père ne se désintéressa guère, et envoya immédiatement mon petit frère à la campagne, chez de la famille où il fut inscrit dans la petite école du douar. Dés la fin du premier trimestre (fin décembre) mon père pensa à ramener mon petit frère à l’école de Hassi- Blal avec, cette fois, un certificat de scolarité que le directeur accepta sans discussion…Et c’est comme çà que mon frère obtint une place à l’école et devient par la suite un fonctionnaire dans l’Administration des Douanes.

C’était là des souvenirs vivants que je gardais toujours d’une époque où j’étais moi-même apprenant parmi tant d’autres. Je les ai relatés pour faire revivre un peu l’environnement d’apprentissage le lendemain de l’indépendance à ceux qui n’ont pas vécu ces événements historiques pour savoir, juger et formuler un avis ou une opinion. Quand je parle de la période de l’indépendance, je ne  peux que la situer chronologiquement entre 1956 et 1965.

Comment donc nos instituteurs d’après l’indépendance vivaient-ils ces moments d’euphorie générale et comment ont-ils fait pour assimiler toutes les tendances populaires dans le domaine de l’enseignement : gérer des classes uniques, à cours multiples, exécuter le programme national de l’analphabétisme et bien d’autres tâches plus ou moins importantes ? Pour commencer je dois dire que les différences qui peuvent  exister entre l’enseignement au temps du protectorat et celui d’après le protectorat résidaient justement, d’après moi,    dans :
 

1-   La  formation des instituteurs dans le cadre du fameux programme de la marocanisation. C’était une priorité pour le Maroc  qui voyait les cadres français et algériens quittaient le pays à la hâte surtout les algériens qui devraient eux aussi rentrer au pays récemment indépendant. Certes, il existait toujours des anciens « fqihs » ou des instituteurs avec un niveau d’instruction  quelquefois lamentable, mais avec le temps ils sont devenus une minorité,  comparés aux  milliers de lauréats des écoles régionales d’instituteurs qui étaient implantées dans presque toutes les grandes provinces. Ces lauréats avaient un bon niveau avec leur CESM ou BEPC et même avec une première ou deuxième partie du BAC. Et après un stage de formation qui durait une année et un examen de sortie sanctionné par un diplôme (CENI- Certificat d’études Normales d’instituteurs) les nouveaux recrus sont affectés dans les centres urbains d’abord, puis dans le milieu rural.

2-   La formation de ces instituteurs prévoyait deux types de lauréats :

-     Les  Instituteurs dits bilingues chargés d’enseigner l’arabe et le français.

-     Les instituteurs dits monolingues chargés de la  langue arabe uniquement.

Cette distinction est faite à partir des diplômes de   CESM (Certificat d’Etudes Secondaires Marocain) qui peut être obtenu  soit en français soit en arabe. Cette distinction sera aussi tenue en compte quand il s’agirait (de matières scientifiques qui seront attribuées  obligatoirement à l’instituteur bilingue).

3-   Le stage à l’école régionale des instituteurs prévoyait des leçons théoriques de base (psychopédagogie) et des séances pratiques dans des écoles d’application annexées aux écoles régionales d’instituteurs. Ces séances pratiques ont pour but d’initier les instituteurs stagiaires à prendre contact avec les élèves des écoles d’application et à faire des leçons devant leurs camarades de groupe sous l’égide de l’instituteur/maître d’application qui supervisera par la suite les capacités et le savoir faire de l’instituteur stagiaire. Chaque semaine une leçon d’essai est organisée dans l’école d’application et faite par un stagiaire en présence  de tous ses collègues  du groupe et supervisée par le directeur de l’école régionale des instituteurs, le directeur de l’école d’application, le maître/formateur et un inspecteur de l’enseignement primaire dépêché par la délégation de l’enseignement .Un débat pédagogique clos cette séance et des conseils d’ordre général sont promulgués à tous les stagiaires qui en prendront note.

4-   Ce stage pratique prévoyait aussi et pour la première fois des séances d’application dans des classes combinées soit en arabe (Cp + CE1) soit en français (CE3 + Cm1). Malgré qu’il existait d’autres combinaisons (ce3+ce4+ce5 arabe ou français…) , les écoles d’application ne prévoyaient presque que ce type de classes combinées,les plus faciles disons-nous,  et c’était suffisant pour avoir une idée de  la meilleure façon de gérer ces classes une fois que l’administration en charge les instituteurs intéressés.

5-   Les premières années après l’indépendance a enregistré des chiffres énormes d’inscrits à l’école surtout dans le milieu urbain, chose qui a forcé les autorités à ordonner la création des classes combinées et l’application de la demi séance dans ce milieu. Mais après quelques années seulement ces classes n’existaient plus ou très rarement  dans le  milieu urbain  mais elles continuent  toujours à exister dans le milieu rural jusqu’à nos jours et je dirai même que ces classes gagnent du terrain  dans les statistiques du ministère de l’éducation nationale tant à l’échelon quantitatif que qualitatif (types nouveaux de ces classes)dictées par le besoin chronique du personnel enseignant.

Prenant comme base ce stage pratique effectué à l’école régionale d’instituteurs, le nouveau stagiaire, après son affectation  se voit  responsable d’une classe combinée à deux niveaux, un CE2 et un Cm1.Comment donc va t-il diriger sa classe et comment exploitera t-il ses connaissances en matière de psychopédagogie pratique spécialement dans une classe à cours multiples ?

Avant même que je fasse  une description optimale d’une séance d’apprentissage dans cette classe à cours multiples, je dois faire une remarque qui me parait raisonnable : Peu de  choses ont changé finalement  si l’on compare les deux périodes du protectorat et de l’indépendance. La couverture horaire est restée la même, les programmes et même les livres scolaires.

Le changement n’a touché que la formation des instituteurs et surtout pour la classe unique mais aussi pour la classe combinée. A noter aussi l’apparition de notes de service traitant d’une façon ou d’une autre de consignes à respecter dans les cours combinés (priorité au niveau inférieur dans tout le cycle sauf pour la classe terminale, application de l’alternance entre les matières écrites et orales, etc.…) et enfin la mise à disposition au niveau de chaque école ou secteur scolaire   d’un fascicule spécialement fait pour les classes à cours combinés dont les maîtres s’inspireront dans la tenue à observer dans ces classes.               

N’est-il pas évident que notre instituteur stagiaire, une fois devant sa propre classe, essayera  d’appliquer à la lettre son savoir faire surtout le coté pratique  dont il garde encore des souvenirs frais et même  écrits sur son cahier de stage qui contient toutes  les observations faites par  ses encadreurs/ maîtres d’application ?

Son premier jour de classe le met en face devant  ce groupe hétérogène que rien n’unit : Différence d’âge allant jusqu’à 4/5 ans, différence de sexe (remarquer la présence importante du sexe féminin, chose  rare du  temps du protectorat), différence de niveau, disparité sociale, famille nombreuse, préscolaire coranique, et beaucoup d’autres facteurs négatifs qui ne font que rendre plus difficile la façon  de gérer  cette classe.

Notre instituteur avait la conviction absolue que le travail qui l’attend n’est pas du tout facile et qu’il doit  s’y  mettre pieds et mains pour s’en sortir avec le minimum de « dégâts ».Il inscrit donc ses élèves dans le registre d’appel et dans le tableau de scolarité à partir des fiches scolaires disponibles chez le directeur d’école. Il a tous les renseignements nécessaires : âge approximatif, durée de scolarité, résultats précédents,…et rien n’est laissé au hasard.

Je tiens à expliquer que j’ai choisi la  classe combinée à deux niveaux : le ce2 et le cm1 parce qu’ils  font partie toutes  les deux du cycle moyen de l’enseignement primaire qui comptait à l’époque  cinq années : le CP (cours préparatoire), le ce1 (cours élémentaire1), le ce2(cours élémentaire2), le cm1 (cours moyen1) et le cm2 ( cours moyen 2 ou classe terminale de fin d’études primaires).Il y a lieu de noter que cette classe combinée est composée en réalité de trois cours  qu’on a l’habitude de la mentionner de cette manière :(ce2+cm1) +cm2 et c'est-à-dire que le cm2 reste une classe unique qui va parallèlement avec les deux cours combinés .Le tout est géré par deux instituteurs , un bilingue et un monolingue. J’aurai pu   choisir une autre combinaison encore plus complexe mais je pense que je l’ai déjà fait avec l’exemple donné au temps du protectorat (avec trois niveaux).J’aurai peut être l’occasion de donner l’exemple le plus délicat des classes à cours multiples  qui puisse exister de nos jours : un ce3, un ce4, un ce5 et un ce6, arabe et français (les profs des écoles primaires appèlent cette classe combinée : assamta qui veut dire en français la ceinture). J’ai aussi choisi le premier exemple (deux cours combinés) car c’était la formule in vivo dans les écoles d’application que tous les stagiaires ont fréquenté. On ne peut d’ailleurs trouver à l’époque que ces sortes de classes combinées à deux niveaux en raison de l’abondance des effectifs d’inscrits qui obligent les organisateurs  pédagogiques à cet unique choix.

Notre instituteur se voit donc plus ou moins  préparé pour affronter cette situation avec le « bagage professionnel » qu’il possède. Il doit le faire avec abnégation car il peut recevoir d’une journée à l’autre la visite de monsieur l’inspecteur de la circonscription qui est chargé du contrôle et de l’encadrement pédagogique y compris l’examen du Certificat d’Aptitude Pédagogique (CAP) que l’intéressé doit subir avec succès sous peine de licenciement et ce à partir de sa deuxième année de service. Je n’ai aucun doute que notre instituteur souhaitait avoir, comme beaucoup de ses collègues de la même promotion, une classe à cours unique qu’il pourrait mener avec aisance et garantir ainsi sa réussite au CAP et donc faire carrière dans l’enseignement .Le CAP était vraiment le « cap »de bonne espérance à franchir pour arriver à destination. C’était la bête noire des stagiaires de l’époque, l’épée de Damoclès sur la tête des enseignants qui leur fait comprendre combien leur  bonheur est fragile ! Et combien est fragile le bonheur de notre stagiaire que seule la malchance a mis dans son chemin une classe combinée au lieu d’une classe unique comme beaucoup de ses collègues ! Ce n’est pas du tout  le même travail ni les mêmes obligations et de plus, passer son cap dans une classe à cours multiples c’est partir avec 0% de réussite ! Cette  situation  non propice lui  revient  chaque fois à l’esprit au point de le décourager !

Le premier contact avec ses 42 élèves s’est achevé dans de meilleurs conditions .Il les a doté d’un emploi du temps provisoire et d’une liste de fournitures scolaires nécessaires et à la portée des plus démunis (5 ou 6 cahiers de 24p et une plume «  sergent major ») et c’est tout. Le reste se trouve sur place, surtout les livres de lecture qui étaient d’ailleurs les seuls livres scolaires à la portée de tout le monde. Le maître n’a pas oublié d’insister sur la présence de tous les élèves, le lendemain, munis de leur matériel scolaire pour commencer sa première leçon.

Il est sept heures moins le quart. La cloche de l’école sonna trois fois. C’est l’heure de rentrer en classes. Les élèves se mettent en rang devant la salle de classe, deux par deux, les ce3 en tête. Le maître est devant la porte en bonne forme, bien peigné, son costume bien repassé au point que l’on voit encore les traits du fer à repasser encore « frais », bref « tiré à quatre épingles ».Il est là. Son œil ne quitte pas la rangée. Et brusquement il donne ses premiers ordres :

- Alignez-vous !mettez les bras !posez !avancez ! On dirait qu’on est dans une caserne militaire et non pas dans un établissement scolaire. Ces ordres quasi militaires  me rappèlent un film qu’on nous a fait voir à l’école régionale d’instituteurs et intitulé « L’école buissonnière »pour qu’on puisse comparer entre la pédagogie vécue et la pédagogie contemporaine.

Les élèves entrent en classe, en ordre et sans grand  bruit. Ils restent debout Le maître profite pour passer entre les rangs pour jeter un coup d’œil sur les habits, les cheveux, les sandales, les cartables, et fait ses remontrances  tout en exhortant les élèves à appliquer rigoureusement les règles de propreté et de règlement scolaire qu’il aura l’occasion de leur présenter et expliquer.

Avant d’entamer sa première leçon, il contrôle rapidement le contenu des cartables pour s’assurer que tout le monde a exécuté la consigne d’hier. Si jamais un élève ou même deux ou trois n’ont pas le matériel scolaire nécessaire, le maître est là pour compenser le manque par un petit stock mis à sa disposition par la direction de l’école. Quant aux livres scolaires (les livres de lecture surtout) ils sont à la portée de tous les élèves. 

A suivre ...

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